La conduction osseuse, médaille d’or au concours Lépine

La conduction osseuse, médaille d’or au concours Lépine

Un casque audio qui transmet le son à l’oreille interne par les os de la boîte crânienne a été distingué cette année. Mais si cette technique est connue, sa diffusion peine à s’imposer dans les usages grand public.

​ECOUTEURS. C’est un casque audio qui n’empêche pas d’entendre ce qui se passe autour de vous. Vous pouvez parler sans avoir ce réflexe d’élever la voix. Vous pouvez discuter avec quelqu’un sans déplacer les écouteurs. Tout simplement parce que les écouteurs ne se placent pas dans ou sur l’oreille mais juste devant, à même la peau et au contact des os du crâne. Ce casque de la société chinoise Aftershokz utilise en effet le principe de la conduction osseuse, qui consiste à véhiculer le son par vibrations dans les os jusqu’à l’oreille interne, en court-circuitant en quelque sorte les osselets et le tympan. Le produit faisait partie des 556 inventions présentées cette année au concours Lépine et a reçu l’une des deux médailles d’or.

produit-miracle ni accessoire d’audiophile
Le casque récompensé le 8 mai dernier se connecte à tout appareil disposant d’une liaison Bluetooth, téléviseur, chaîne HiFi, smartphone… Il est d’ailleurs possible de téléphoner avec (un bouton à l’extérieur d’un des écouteurs permet de passer en mode téléphone), le casque disposant d’un micro. D’après le représentant d’Aftershokz en France, Eric Mester, le dispositif aurait permis à des sourds, lors des démonstration sur son stand, d’entendre pour la première fois – tout en reconnaissant que cela ne marche pas à tous les coups, tout dépend de la partie du système auditif affectée.
Il reste que l’appareil n’a rien du produit-miracle ni de l’accessoire d’audiophile. « Il est fait d’abord pour garantir la sécurité des sportifs, note Eric Mester, mais aussi des gens dans la rue qui écoutent de la musique et qui sont, aujourd’hui, complètement coupés du monde dans leurs casques audio high tech, comme s’ils étaient à un concert ».

IMMERSION. De fait, après test, la cohabitation entre le flux audio sorti du casque avec les bruits ambiants est assez confondante. L’un ne parasite jamais l’autre, la musique restant parfaitement audible et l’oreille n’est jamais dérangée par les voix alentours, par exemple. Inversement, la communication avec le monde environnant reste aisée malgré la musique qui résonne dans la tête. Tout le contraire d’une immersion, qui n’est justement pas la vocation de cet appareil.

Dans ces conditions, de multiples usages semblent possibles mais Eric Mester reconnaît qu’il est encore difficile de faire comprendre ce qu’est ce produit, situé entre l’article musique, l’objet connecté ou l’accessoire pour téléphone. Et un usage au volant d’une voiture ? La loi interdit le « port à l’oreille […] de tout dispositif susceptible d’émettre un son ». Or, ce casque ne s’applique techniquement pas à l’oreille. Devant l’ambiguïté, Eric Mester a interrogé le Conseil d’Etat sur le sujet, qui lui a répondu s’être adressé à son tour au ministère concerné. En attendant des éclaircissements, Aftershokz préfère délaisser le marché des conducteurs.

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